Je crois que j’aime profondément les personnes atypiques.
Pas par goût de l’excentricité gratuite.
Pas pour le spectacle.
Mais parce qu’elles refusent d’être insignifiantes.
Longtemps, j’ai cru que l’excentricité était une faute de goût.
Enfant, j’ai appris à être discrète, silencieuse, presque invisible.
Ne pas prendre trop de place.
Ne pas faire de bruit.
Aujourd’hui, je comprends que ce qui me touche chez certains êtres, ce n’est pas le “trop”, mais l’incarnation.
Ils existent. Entièrement.
Et ça, pour moi, c’est devenu vital.
1. Amélie Nothomb — La noirceur assumée et le verbe incarné
Je n’aime pas Amélie Nothomb pour ce qu’elle écrit, du moins pas seulement.
Son écriture, parfois, me laisse à distance.
Mais le personnage, lui, me fascine.
Cette silhouette noire, ces chapeaux, ce rouge tranchant.
Cette noirceur assumée, jamais édulcorée.
Un verbe soutenu, précis, presque brutal parfois.
Elle m’a appris des mots que je ne connaissais pas — et surtout, elle m’a montré qu’on pouvait habiter sa singularité sans s’excuser.
Chez elle, tout est cohérent :
le corps, la voix, l’apparition, la langue.
Elle ne cherche pas à plaire.
Elle est.
Et ça, je trouve ça incroyablement puissant.
2. Salvador Dali— Le temps qui fond et la folie maîtrisée
Dalí m’a toujours attirée, sans que je sache vraiment pourquoi.
Ses montres molles me parlaient du temps —
un temps qui coule, qui se déforme, qui échappe,
et en même temps un temps figé.
Puis un jour, dans le désert, au Maroc, j’ai compris.
Les silhouettes élancées.
L’espace.
La lumière écrasante.
Tout faisait sens.
Dalí, ce n’est pas la folie.
C’est la folie maîtrisée.
Un homme qui a osé rendre visible ce que beaucoup ressentent sans jamais parvenir à le formuler.
Et puis il y a cette moustache, ce personnage, cette provocation permanente.
Là encore : rien d’insignifiant.
Tout est pensé, incarné, assumé.
3. Alberto Giacometti— La minceur, l’enfance et la fragilité élégante
Les figures de Giacometti me bouleversent.
Ces corps filiformes, presque réduits à l’essentiel.
On dirait des silhouettes façonnées dans la boue, comme quand on est enfant et qu’on fait des boudins de sable avec les mains.
Il y a là quelque chose de profondément enfantin, et en même temps d’une élégance extrême.
J’ai longtemps porté sur moi des qualificatifs violents :
trop grosse, trop moche, trop invisible.
Toujours “trop”, mais jamais du bon côté.
Chez Giacometti, la minceur n’est pas un idéal esthétique.
C’est une présence fragile, mais debout.
Une manière de dire : même réduit à presque rien, je suis là.
4. Mike HORN— Le trop qui devient horizon
Mike Horn, c’est mon chouchou.
Mon number one.
Il m’épate parce qu’il est trop.
Trop loin.
Trop extrême.
Trop engagé physiquement.
Mais ce trop-là n’est pas une fuite.
C’est une incarnation radicale du vivant.
S’exposer au froid, au danger, à l’épuisement,
ce n’est pas chercher la mort,
c’est éprouver l’existence jusqu’au bout.
Face à quelqu’un comme lui, on ne peut pas rester tiède.
Il force une position.
Il oblige à se demander : qu’est-ce que je fais de mon corps, de mon souffle, de mon passage ici ?
5. Ne plus être insignifiante — Mon fil rouge
Tous ces personnages ont un point commun :
ils ne sont ni discrets, ni neutres, ni effaçables.
Ils dérangent parfois.
Ils mettent mal à l’aise.
Ils peuvent même créer de la gêne.
Mais ils existent.
Aujourd’hui, je comprends que ce qui me touche chez eux,
c’est ce que j’essaie, moi aussi, d’incarner :
ne plus me réduire,
ne plus me cacher,
ne plus me rendre invisible pour rassurer les autres.
L’excentricité, autrefois, me semblait déplacée.
Aujourd’hui, je la vois comme une liberté conquise.
Et peut-être que mon chemin, finalement,
ce n’est pas d’être exceptionnelle,
mais simplement de ne plus être insignifiante.
Madame Parkinson
Une réponse
juste formidable oui les différences ont toujours dérangées ne pas être ou rentrée dans une casse être soit la vie n’est pas faite pour plaire à tout le monde non le plus important est d’être en accord avec soit meme .