Quand le cerveau ne s’éteint plus avec Parkinson
Je me rends compte d’une chose :
quand je fais trop d’activité physique, je dors moins bien.
Ou plutôt…
mon corps est fatigué, très fatigué,
mais le sommeil ne suit pas.
La première partie de nuit est bonne.
Puis je me réveille.
Et là, malgré l’épuisement, impossible de replonger vraiment.
Ce que je vis n’est pas contradictoire.
Et surtout, ça colle très bien avec Parkinson.
1. Un corps épuisé, mais un système nerveux en sur-régime
Avec Parkinson, le problème n’est pas seulement moteur.
La maladie touche aussi le système nerveux autonome, celui qui régule l’équilibre entre repos et vigilance.
Résultat :
- je peux être physiquement épuisée
- mais mon cerveau reste en mode “allumé”
- incapable de basculer durablement en sommeil profond
C’est exactement ça :
mon corps est fatigué, mais je n’arrive pas à dormir.
2. Pourquoi la première partie de nuit est souvent préservée
C’est très parlant.
Au début de la nuit :
- le besoin de sommeil est fort
- la fatigue accumulée fait son effet
- je m’endors bien
Puis, dans la deuxième partie de nuit :
- la dopamine est basse
- le système nerveux devient plus instable
- une excitation interne apparaît
Pas une agitation mentale, pas de l’angoisse.
Quelque chose de neurologique.
Ce n’est donc pas une insomnie classique,
mais un réveil de maintien, très fréquent dans Parkinson.
3. Quand trop d’activité devient trop de stimulation
L’activité physique est bénéfique, oui.
Mais chez moi, le curseur est très fin.
Quand il y en a trop — ou trop tard dans la journée :
- le cortisol reste élevé
- l’adrénaline ne redescend pas complètement
- l’activation neuromusculaire persiste
Chez une personne sans Parkinson, le corps redescend tout seul.
Chez moi, il reste coincé entre deux états :
- trop fatigué pour être bien
- trop stimulé pour dormir
4. Être épuisée n’aide pas forcément à dormir
C’est important de le dire clairement.
Avec Parkinson :
👉 l’épuisement peut aggraver les réveils nocturnes,
au lieu de favoriser le sommeil.
Ce que je vis n’est :
- ni un échec
- ni une mauvaise gestion
- ni un manque de volonté
C’est un déséquilibre neurologique, pas un problème de discipline.
5. Ajuster sans renoncer
Sans tout chambouler, j’apprends à ajuster.
Pas avec des règles rigides, mais avec des pistes compatibles avec mon vécu :
- réduire l’intensité en fin de journée, même si le corps “peut encore”
- privilégier le mouvement plus tôt
- intégrer de vrais temps de “descente” :
- étirements doux
- respiration lente
- mouvements lents et continus
- observer si certaines nuits sont meilleures après moins, pas plus
Pas pour renoncer à bouger.
Mais pour respecter mon système nerveux tel qu’il est aujourd’hui.
🤍 En conclusion
Ce que je ressens est cohérent, connu, reconnu, même si ce n’est pas toujours bien expliqué en consultation ou au téléphone.
Je n’ai pas “mal formulé”.
J’ai décrit quelque chose de complexe.
Et Parkinson l’est.
Écouter ces signaux n’est pas un recul.
C’est au contraire une forme d’intelligence du corps.
Écouter son ressenti ne veut pas dire s’alarmer.
Cela veut dire rester vigilante, observer, et apprendre à connaître son corps un peu mieux chaque jour.
Madame Parkinson
Une réponse
Belle et juste description du problème que rencontrent nombre de parkis 🙂
Merci!
Bravo pour votre blog que je suis depuis un moment en mode silencieux.